Les meilleures alternatives open source à OneDrive

Microsoft OneDrive est aujourd’hui l’un des services de stockage en ligne les plus répandus, notamment parce qu’il est directement intégré à Windows et à Microsoft 365.

Pour de nombreux utilisateurs, il devient presque invisible : les dossiers Documents, Images ou Bureau peuvent être synchronisés automatiquement, les fichiers sont accessibles depuis plusieurs appareils et le partage se fait en quelques clics.

Mais cette simplicité a une contrepartie : les données restent hébergées dans l’écosystème Microsoft et l’utilisateur dépend largement de son infrastructure, de ses conditions d’utilisation et de son modèle d’abonnement.

Pour ceux qui souhaitent reprendre davantage de contrôle sur leurs fichiers, plusieurs solutions open source permettent aujourd’hui de remplacer tout ou partie de OneDrive.

Certaines cherchent à reproduire l’expérience d’un véritable cloud collaboratif. D’autres privilégient avant tout la synchronisation rapide entre plusieurs appareils.

En 2026, quatre solutions méritent particulièrement d’être examinées : Nextcloud, Seafile, ownCloud et Syncthing.

Pourquoi remplacer OneDrive ?

La première raison est souvent la maîtrise de ses données.

Avec OneDrive, les fichiers sont stockés sur l’infrastructure de Microsoft. Avec une solution open source auto-hébergée, il devient possible de choisir où les données résident réellement : sur un serveur personnel, dans l’entreprise, chez un hébergeur européen ou auprès d’un prestataire spécialisé.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faille administrer soi-même un serveur.

De nombreuses solutions open source peuvent être proposées sous forme de services hébergés. La différence essentielle est que l’utilisateur ou l’organisation conserve davantage de liberté dans le choix de l’hébergement et du prestataire.

Un autre intérêt concerne la dépendance à l’écosystème Microsoft.

OneDrive fonctionne particulièrement bien avec Windows, Microsoft Office, Teams et SharePoint. C’est précisément cette intégration qui fait sa force, mais aussi ce qui peut rendre progressivement plus difficile un changement de fournisseur.

Adopter une solution basée sur des standards ouverts permet de réduire cette dépendance.

Nextcloud : l’alternative la plus complète à OneDrive

Pour de nombreux utilisateurs, Nextcloud sera probablement la première solution à envisager.

Nextcloud Files permet de stocker, synchroniser et partager des fichiers depuis une interface web, des applications mobiles ou un client installé sur l’ordinateur. Le logiciel peut être déployé sur sa propre infrastructure, dans un cloud privé ou auprès d’un hébergeur.

Son fonctionnement est donc assez proche de celui de OneDrive.

Un dossier peut être synchronisé automatiquement entre plusieurs ordinateurs. Lorsqu’un fichier est modifié sur une machine, la nouvelle version peut être récupérée sur les autres appareils connectés.

Nextcloud permet également de créer des liens de partage et de gérer les droits d’accès aux fichiers ou aux dossiers.

Mais sa véritable force apparaît lorsqu’on commence à utiliser les autres composants de l’écosystème.

Nextcloud ne se limite plus depuis longtemps au stockage de fichiers. Il peut également intégrer une suite bureautique collaborative, des agendas, des contacts, de la visioconférence ou différents outils de travail en équipe.

Pour quelqu’un qui souhaite seulement remplacer OneDrive, cela peut sembler presque surdimensionné.

Pour une PME ou une association cherchant progressivement à réduire sa dépendance à Microsoft 365, cela devient en revanche particulièrement intéressant.

Nextcloud peut alors remplacer OneDrive tout en servant de base à une infrastructure collaborative beaucoup plus large.

À qui conseiller Nextcloud ?

Nextcloud convient particulièrement bien aux particuliers, associations et entreprises qui souhaitent disposer d’un véritable cloud privé avec une interface accessible depuis le navigateur et des applications pour différents appareils.

C’est également probablement le meilleur choix si l’objectif à terme est de remplacer d’autres services de Microsoft 365.

Seafile : priorité à la synchronisation des fichiers

Seafile adopte une approche légèrement différente.

La solution met fortement l’accent sur l’efficacité de la synchronisation et le partage de fichiers.

Elle propose des clients pour Windows, macOS et Linux, ainsi qu’un accès web et des applications mobiles. Seafile permet également d’utiliser un lecteur virtuel : les fichiers restent alors stockés sur le serveur et ne sont téléchargés sur l’ordinateur que lorsqu’ils sont réellement utilisés.

Cette fonction est particulièrement intéressante lorsque l’espace disponible sur le poste de travail est limité ou lorsque l’organisation manipule de gros volumes de données.

Seafile propose également des fonctions de partage avancées, avec la possibilité de créer des liens protégés par mot de passe ou limités dans le temps.

Les versions récentes vont désormais plus loin que la simple synchronisation. Seafile propose notamment des fonctions de métadonnées, différentes vues sur les fichiers, un système de wiki et SeaDoc pour l’édition collaborative de documents.

La philosophie reste cependant différente de Nextcloud.

Là où Nextcloud cherche progressivement à devenir une plateforme collaborative complète, Seafile conserve une forte spécialisation autour de la gestion et de la synchronisation des fichiers.

À qui conseiller Seafile ?

Seafile est particulièrement intéressant lorsque la synchronisation des fichiers constitue le besoin principal.

Pour une entreprise ayant beaucoup de données à synchroniser entre différents utilisateurs ou différents sites, il peut être préférable à une plateforme plus généraliste.

ownCloud : le cousin historique de Nextcloud

Il est difficile de parler des alternatives open source à OneDrive sans mentionner ownCloud.

Nextcloud est d’ailleurs historiquement issu du projet ownCloud.

Aujourd’hui, les deux solutions ont cependant suivi des chemins différents.

ownCloud développe notamment Infinite Scale, aussi appelé oCIS, une nouvelle architecture écrite en Go et pensée pour les environnements modernes et les infrastructures de plus grande taille. La solution permet la synchronisation, le partage et la gouvernance des fichiers dans des environnements auto-hébergés, hybrides ou cloud.

Le projet a connu une évolution importante en 2026 avec la mise en place d’un nouvel Open Source Program Office et une volonté affichée de renforcer la gouvernance ouverte du projet.

ownCloud reste donc une alternative crédible, notamment pour les organisations qui recherchent avant tout une plateforme de partage et de gestion documentaire.

Pour un particulier ou une très petite structure, Nextcloud possède toutefois généralement un écosystème plus large et sera souvent plus simple à envisager.

Syncthing : remplacer la synchronisation, pas forcément le cloud

Syncthing est probablement la solution la plus différente de cette sélection.

Contrairement à Nextcloud ou Seafile, Syncthing n’est pas réellement conçu comme un service de stockage cloud centralisé.

Son objectif est beaucoup plus simple : synchroniser directement des dossiers entre plusieurs appareils.

La communication est pair-à-pair et les échanges entre les machines sont chiffrés. Le projet est open source et distribué sous licence MPL 2.0.

Prenons un exemple très concret.

Vous possédez un ordinateur fixe et un ordinateur portable et souhaitez que votre dossier Documents soit toujours identique sur les deux machines.

Syncthing peut synchroniser directement les fichiers entre ces appareils sans qu’ils soient nécessairement stockés chez un fournisseur de cloud.

On peut également ajouter un NAS ou un serveur qui reste allumé en permanence afin qu’il devienne une sorte de point central de synchronisation.

Cette architecture est intéressante pour les utilisateurs qui souhaitent éviter autant que possible les services cloud traditionnels.

En revanche, Syncthing ne propose pas naturellement toutes les fonctionnalités que l’on associe à OneDrive.

Il n’est pas destiné à fournir une grande interface web collaborative, une suite bureautique en ligne ou un portail de partage de documents destiné à toute une entreprise.

À qui conseiller Syncthing ?

Syncthing est particulièrement adapté aux utilisateurs techniques qui veulent simplement synchroniser leurs propres fichiers entre plusieurs appareils sans dépendre d’un cloud centralisé.

Dans ce domaine précis, son approche est remarquablement efficace.

Et Pydio Cells ?

Une autre solution mérite également d’être mentionnée : Pydio Cells.

Il s’agit d’une plateforme open source et auto-hébergeable davantage destinée aux organisations ayant des besoins avancés en partage documentaire et en contrôle des accès.

Pydio Cells permet notamment de partager et synchroniser des documents et peut intégrer Collabora Online ou ONLYOFFICE pour travailler directement sur les fichiers bureautiques depuis le navigateur.

La solution est cependant davantage orientée entreprise que grand public.

Pour quelqu’un qui cherche simplement une alternative personnelle à OneDrive, elle sera généralement plus complexe que nécessaire.

Elle peut en revanche devenir intéressante dans des environnements professionnels où la gestion documentaire, la sécurité et les règles d’accès occupent une place importante.

Quelle alternative choisir ?

Le choix dépend finalement beaucoup plus du besoin que du logiciel lui-même.

Besoin principalSolution à envisager
Remplacer OneDrive de manière généraleNextcloud
Synchroniser efficacement de nombreux fichiersSeafile
Plateforme de partage documentaire pour entrepriseownCloud / Pydio Cells
Synchroniser directement plusieurs appareilsSyncthing
Construire progressivement une alternative à Microsoft 365Nextcloud

Pour la majorité des particuliers et petites organisations, Nextcloud reste probablement la solution la plus polyvalente.

Il offre une expérience suffisamment proche d’un véritable service cloud tout en permettant de conserver le contrôle sur l’hébergement.

Seafile peut toutefois devenir plus intéressant lorsque la priorité absolue est la synchronisation et la gestion d’un volume important de fichiers.

Syncthing répond quant à lui à une philosophie différente : supprimer presque complètement le besoin d’un service cloud central.

Faut-il forcément installer son propre serveur ?

Non absolument pas, c’est probablement l’un des principaux malentendus autour du cloud open source.

Choisir Nextcloud ou Seafile ne signifie pas nécessairement acheter un serveur, installer Linux et passer ses soirées à surveiller les mises à jour.

Plusieurs hébergeurs proposent des instances Nextcloud ou d’autres solutions open source prêtes à l’emploi.

Pour une entreprise, il est également possible de confier entièrement l’installation, les sauvegardes, la maintenance et la sécurité à un prestataire.

On retrouve alors une expérience relativement similaire à celle d’un service cloud classique, avec toutefois une différence importante : la plateforme utilisée reste ouverte et peut être transférée vers une autre infrastructure.

Cette possibilité constitue une forme de liberté que les plateformes totalement propriétaires offrent beaucoup moins facilement.

Peut-on récupérer ses fichiers OneDrive facilement ?

Dans le cas le plus simple, oui. OneDrive synchronise généralement les fichiers dans un dossier local sur l’ordinateur.

Il est donc possible de récupérer ces données puis de les transférer vers le dossier synchronisé par Nextcloud, Seafile ou une autre solution.

Mais avant toute migration, il est important de vérifier que tous les fichiers sont réellement disponibles localement.

OneDrive peut en effet conserver certains fichiers uniquement dans le cloud et ne télécharger leur contenu qu’au moment où l’utilisateur les ouvre.

Il faut donc s’assurer que l’ensemble des données a bien été récupéré avant de désactiver définitivement le service.

Dans une entreprise, la migration devra également tenir compte des partages, des permissions, des liens externes et éventuellement de l’intégration avec SharePoint ou Teams.

OneDrive ou cloud open source : une question de contrôle

OneDrive reste un service efficace et son intégration avec Windows et Microsoft 365 constitue indéniablement l’un de ses principaux avantages.

Pour quelqu’un utilisant déjà entièrement l’écosystème Microsoft, le conserver peut donc être parfaitement logique.

Mais ce confort entraîne également une dépendance importante vis-à-vis d’un fournisseur unique.

Les alternatives open source apportent une philosophie différente.

Avec Nextcloud, Seafile, ownCloud ou Syncthing, l’utilisateur peut davantage choisir où sont stockés ses fichiers, comment ils sont synchronisés et qui administre l’infrastructure.

Cela demande parfois un peu plus de réflexion au départ.

En contrepartie, on gagne une chose particulièrement précieuse dans le domaine numérique : le choix.

Pour beaucoup d’utilisateurs, Nextcloud représentera probablement le compromis le plus accessible entre simplicité, fonctionnalités et contrôle des données.

Mais selon les besoins, Seafile ou Syncthing peuvent être encore plus adaptés.

Finalement, remplacer OneDrive ne consiste donc pas nécessairement à chercher son clone parfait.

La bonne question serait plutôt :

« Ai-je besoin d’un cloud collaboratif, d’un système de synchronisation ou simplement d’un moyen de garder mes fichiers sous mon contrôle ? »

La réponse permet généralement de trouver très rapidement la bonne alternative.