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Schleswig‑Holstein : virage vers Linux, LibreOffice et Open‑Xchange

Le Land de Schleswig‑Holstein, dans le nord de l’Allemagne, a amorcé une migration d’ampleur dans l’administration publique, remplaçant progressivement les outils Microsoft par des solutions open source.

Contexte et objectifs

  • Transition progressive : 30 000 agents publics (administration, police, justice) abandonnent Windows, Microsoft Office, Outlook et Teams pour se tourner vers Linux, LibreOffice et Open‑Xchange, d’ici quelques mois, avec une phase de déploiement également prévue pour les enseignants.
  • Priorité à la souveraineté numérique : motivée par des préoccupations liées à la confidentialité, la dépendance à des fournisseurs américains et les tensions géopolitiques, notamment après le retour de Donald Trump.
  • Réduction des coûts : des économies sont attendues à long terme, grâce à l’élimination des licences Microsoft et au contrôle des mises à jour.

Les piliers du changement

  • Linux et distributions : remplacement progressif de Windows par un ou plusieurs systèmes Linux adaptés aux besoins administratifs.
  • LibreOffice : implémentation immédiate sur 30 000 postes, avec migration pour les autres prévue à la fin de 2025.
  • Open‑Xchange : adoption pour la messagerie et le calendrier, au lieu d’Outlook/Exchange.
  • Linux desktop : déploiement en phase finale pour compléter la transition hors de l’écosystème Microsoft.

Enjeux et motivations

Souveraineté numérique

« Nous sommes complètement éloignés de Teams »

A affirmé le ministre de la digitalisation Dirk Schroedter. L’objectif est de maîtriser les données publiques, en les hébergeant dans des clouds allemands plutôt qu’américains.

Économies à long terme

Les économies proviendront de la suppression des licences Microsoft et de l’usage de solutions transparentes et sans frais de mise à jour imprévus.

Transparence et sécurité

Le code open source permet un contrôle total des infrastructures, augmente la sécurité et facilite l’audit.

Les défis à relever

  • Complexité technique : migration des systèmes, compatibilité des applications, authentification, SSO, etc. Un manque de formation pourrait freiner l’adoption, voire provoquer un retour en arrière.
  • Risques politiques : des précédents (comme Munich) montrent que ces projets peuvent être stoppés pour des raisons politiques ou techniques.
  • Accompagnement nécessaire : formation des agents, adaptation des workflows, assistance continue pour garantir une transition réussie.

Une onde de choc en Europe

  • Ce mouvement s’inscrit dans une vague européenne : en parallèle, le Danemark, Copenhague et Aarhus adoptent LibreOffice et Linux pour leurs administrations.
  • EuroStack et les initiatives de souveraineté numérique recommandent ce type de transition comme des modèles à reproduire.

Conclusion

Le land de Schleswig‑Holstein trace un modèle ambitieux de transition vers l’open source, fondé sur la souveraineté numérique, les économies pérennes et la transparence. Si plusieurs défis restent à relever (techniques, humains, politiques), l’initiative constitue un signal fort pour les administrations publiques européennes.